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Liens géologiques
Géologie et carte de situation
Echelle géologique ,
Dévonien 408-360 MA
LES FOURS A CHAUX DE CHATEAUPANNE.
fleuron du patrimoine industriel montjeannais
et du sillon houiller de la basse-Loire
.
 
CaCO3
L’ancienne chaufournerie de châteaupanne, ensemble architectural de fours, de bâtiments utilitaires, d’habitats et de carrières de pierre à chaux, crée l’originalité paysagère de ces bords de Loire. Cet héritage est un des témoignages monumentaux à Montjean de la trilogie Loire, chaux, charbon , une intégration industrielle et fluviale, qui a fait pendant plus de deux siècles, la richesse du pays.

Aujourd’hui ce patrimoine culturel protégé (inscrit monument historique depuis 1987 sur proposition conjointe de l’Ecomusée et de la commune de Montjean) fait l’objet d’un projet de valorisation muséographique.

 

Châteaupanne dans le "territoire parc" du patrimoine industriel et fluvial montjeannais.

 

La particularité de Montjean est d’offrir aux yeux des promeneurs, une palette inégalée à ce point en Anjou, de quais et cales aux paysages imposants, de tours, murailles, arches, dont les pierres et les profils moyenâgeux souvent enfouis sous le lierre séduisent et déconcertent par leur aspect insolite.Ni châteaux forts ni aqueducs, il s’agit de châteaux de l’industrie, héritage monumental du "temps des mariniers ".

 

Vingt-trois fous à chaux (et vestige) dont cinq fours du 18ème siècles, cyclopes de treize mètres de haut, aux gueulards fixant le ciel, jalonnent le bords de Loire, depuis le four du rivage à Montjean jusqu’à châteaupanne ainsi que la campagne et le vignoble de l’orchère, au petit lapin en passant par Pincourt. (voir la carte).

 

A la richesse géologique de la pierre à chaux, calcaire primaire d’origine corallienne s’ajoutait celle du "charbon de terre" permettant de la calciner dans le "Fourneau’.

 

L’arche accolée à la paroi carbonifère du coteau de Montjean est le monument du charbonnage, le chevalement en pierre du puits de la Tranchée (1874-1875), qui représente avec la chaufournerie de Pincourt (inscrit depuis 1986 à l’inventaire supplémentaires des Monuments historiques), le patrimoine industriel de Montjean et de l’Anjou inscrit au "top cinquante "des sélections du Ministère de la culture (numéro spécial de collection image du patrimoine "patrimoine industriel, cinquante sites en France "direction du patrimoine, 1997.

 

Montjean comptait alors 3500 habitants (1880), était le port d’attache d’une flotte de 80 bateaux de Loire rejoints par autant d’autres bateaux venant de la Basse-Loire et qui portaient 40 000 tonnes de chaux par an jusqu’en Finistère.

Voir le livret de l’écomusée:"Parcours du village, du port, des mines et des fours à chaux".

 

Le fondement géologique du patrimoine industriel.
 
 

 

 

 

Le paysage de Montjean et de ses abords exprime la diversité de son territoire géologique;

 

Au Nord c’est le val alluvial, lit majeur protégé par les levées, îles submersibles et bras de Loire du lit mineur, milieu de l’archéologie fluviale. Au Sud, le talus bocager et vigneron du plateau des Mauges, tranche la masse de schistes précambriens du Briovérien dominant topographiquement le complexe siluro-dévonien qui porte la route Le Mesnil-Montjean-Chalonnes.

En bordure de Loire, une ligne de collines dominent le fleuve.

Châteaupanne à l’est, avec incrustée une énorme lentille de calcaire primaire: Dévonien étages emsien givétien , une excellente pierre à chaux.

Le coteau de Montjean portant l’église néogothique de la prospérité marinière et industrielle prolongé de la "Garenne" à l’ouest, collines de schistes et grès dont la "pierre carrée" du carbonifère étage Namurien , entrelardées de veines de houilles et percées de travaux miniers.

Le culm franco-dinantien, schistes et grès fait la liaison entre ce domaine et l’ensemble précédent;

 

La pierre à chaux, le calcaire des récifs de coraux du Dévonien.

 

La pierre à chaux se présente à Montjean en massifs semble t-il isolés, chapelet de lentilles égrenées depuis Pincourt, le Petit Lapin, les carrières comblées du Lièvre, de Lion, jusqu’à la grande carrière de Châteaupanne à l’est. Une continuité géologique , ponts minéralogiques, ou réseau de failles les connectent sans doute comme l’a montré l’assèchement des anciennes carrières longtemps en eau jusqu ’à l’approfondissement de la carrière de châteaupanne.

Un dispositif qui se répète à chalonnes et tout au long du sillon houiller. Chaque gisement localise un ou des fours.

 

Ce calcaire gris-bleu parcouru de passées blanchâtres est coralligène. C’est d’abord l’héritage de colonies de coraux, milliards de squelettes de tétracoralliens, ancêtres des coraux actuels et de tabulés stromatopores.

bryozoaires, avec localement présence de brachiopodes récifaux.

Il est aussi organogène, riche en amphipora, oursins et brachiopodes, une faune associée aux coraux, avec aussi des structures rubanées. Il est de plus constitué de petites (accrétions de calcaire autour de noyaux de quartz) et de phtamites (anciennes vases siliceuses consolidées).

Tout un milieu récifal d’il y a 360 à 370 million d’années, quand cet élément d’un puzzle géologique qui va constituer l’Anjou se façonnait, atoll ou barrière de coraux, aux latitudes tropicales des mers chaudes de l’hémisphère sud. Des roches oranges d’argiles de dissolution modelé karstique sont observable au sommet de front de carrière . En lisière nord du récif, relevant de la formation du horst du tombeau Leclerc apparaissent des schistes et grès à psilophytes, premières plantes vasculaires.

 

 

Le cas du site de chaufournerie du Petit Lapin, exploitation d’Octave sécher.

 

Fours du Petit Lapin et de l’alouette (vers 1840) au robes réfractaires en tufeau. Ils sont en vis à vis l’un de l’autre avec dans l’intervalle les pylônes de tuffeau qui portaient la voie ferrée, les approvisionnant en pierre à chaux. Au sud, bureau, logements et écuries et dans le jardin peut-être l’ancienne dynamitière circulaire et à coupole.

La carrière qui présentait au fond les alignements des dernières pierres calcaires débitées, est en cours de comblement par un dépotoir de déchets inertes. Il serait souhaitable que le comblement soit arrêté avant la fin pour laisser en évidence le surplomb des fronts et surtout pour ne pas masquer la remarquable discordance de la couche de calcaire des faluns (25 millions d’années) sur le calcaire primaire

 

 

Les fours à chaux de Châteaupanne.

 

C’est une forteresse médiévale que l’on croît voir se dresser dans l’échancrure d’un vallon et au fond du coteau , une fois franchi le bras de l’île de la Guesse. En fait ce "burg" des bords de Loire est un "Châteaux " de l’industrie, ensemble de quatre grands fours à chaux des 18ème et 19ème siècles, exceptionnel par sa monumentalité. Ce fut un haut lieu d’innovation technologique au ‘siècles des lumières’ avec sinon la découverte, du moins l’application précoce à la mi 18ème siècle , de l’art de cuire la pierre à chaux au charbon de terre.".

 

Châteaupanne le plus important complexe de fours à chaux de la Loire.

 

Châteaupanne c’était avant 1914 cinq fours de grande capacité, employant 70 ouvriers dont 25 carriers, produisant environ 30 000 tonnes de chaux vive , (jusqu’à 40 000 tonnes pour les années 1869 à 1875) et 7000 tonnes de cendre de chaux par an. La datation certaine de 1666 des remblais de cendre de chaux, face au four de la Maison blanche " atteste l’ancienneté du site exploité dès le 17ème siècle.

 

L’évolution du site.

 

Deux fours ‘jalousie’ et ‘clermont’ à l’est et un four à l’ouest La Maison blanche représente un héritage exceptionnel de la mi 18 ème siècle. Adossés au coteau ils sont de type ‘Fours en falaise’ Ils ont été rejoints en 1848 par ‘l’union" ou ‘république"puis "Saint Hubert" du type "Fours en tourelles"détachés du massif et portant passerelle.

Ils sont en bordure d’un bras de Loire canalisé, équipé de cales de déchargement. Des chalands à couple où en file y attendaient leur tour pour charger la chaux. Ils étaient plus de 200 chaque année à venir embarquer à châteaupanne 25000 tonnes de chaux pour Nantes et la Bretagne.

 

Une chaufournerie bicentenaire.

 

La chaufournerie était depuis le 18 ème siècle la propriété de la famille Clémenceau de la Lande partagée avec d ’autres puis exclusive vers 1860.L’établissement prospère, très avantagé par le marché fluvial .La société fait avant 1914 l’objet d’une augmentation de capital, les associant à l’épargne populaire Montjeannaise, dont celle des Mariniers.

En 1916 JJ Carnnaud le coonserveur nantais rachète le tout pour ses besoins métallurgiques et peut-être dans l’espoir du développement de la sidérurgie en Basse Loire.

C’est seulement à l’issue de la première guerre mondiale que Georges Lirot directeur du nouveau propriétaire les modernise. A la place de St Hubert rasé, une grande bluterie est construite, broyant la chaux en roche et l’éteignant légèrement pour la stabiliser, l’ensachant , fournissant une chaux légèrement éteinte et blutée pour l’affinage du fer des boites de conserve produites par JJ Carnaud. La plate forme des fours tout comme l’exploitation entière depuis la carrière, est desservie par un chemin de fer qui conduit au quai , reconstruit droit et équipé d’une trémie de chargement. Il a succédé à des cales abreuvoir adaptées à tous niveaux du fleuve qui permettaient de rouler au bateau le "cottret" , brouetté d’un demi-hectolitre rempli de la chaux "en roche" (voir les deux clichés).

En montant l’escalier du contremaître qui conduit aussi à sa maison, on accède à la plate-forme de chargement des fours où ‘Bijou’ le baudet traînait six wagonnets remplis de moellons de carrière gros comme la tête d’un homme".Au -delà de la route et du chemin de fer d’accès à la carrière

c’était l’écurie et "la forge" où l’on affûtait outils et barres à mines.

 

L’outil, le fourneau et la fabrication.

 

Le paysage dans le "four de l’Union", permet d’en admirer la cuve de dorme ovoïde de 5.60 mètres en son plus grand diamètre. Un spectaculaire volume de 170 mètres cube de contenance et de 10 mètres de hauteur au dessus du pivot, braqué sur le ciel.

La pierre à chaux y était calcinée à une température de 1000° supportée par la robe de pierre réfractaire fournie par une carrière de roche très siliceuse de St Pierre du Chemin en Vendée (elle résiste à plus de 18OO°).Un anneau de dilatation en argile fait la transition avec le puissant habillage extérieur du four en pierre appareillée.

On enfournait par le "gueulard" du haut une couche de pierres, une couche de charbon à raison de 200 kilogrammes pour une tonne de pierre à chaux. Après la mise à feu de la première charge , sur une meule de rondins de sarments de vigne couronnée par une première couche de charbon et une première couche de pierre, on continuait à confourner en continu. Après passage dans la zone médiane de cuisson, celle du plus grand diamètre, la pierre devenue pour l’essentiel oxyde de calcium pulvérulente et plus légère de moitié (départ du gaz carbonique se refroidissait en descendant .Puis, par la gueule des fours au fond des trois ébraisoirs ouvrant à la base de chaque four, cette chaux vive en roche était défournée à bras par les fourneliers magnant le croc.

Ses fours à cuisson continue à courte flamme n’arrêtaient que quelques semaines à quelques mois par an, selon le marché.

La diminution de masse du calcaire après départ du gaz carbonique étant de près de 5O% c’est 60 000 tonnes de pierre à chaux qu’il fallait enfourner pour alimenter les cinq fours de châteaupanne.

La "mise au mille" de 250 (250kg de charbon pour 1000kg de pierre ) pour une production cumulée montjeannaise qui a atteint jusqu ’à 50 000 tonnes de chaux par an impliquait la consommation des 3/4 du charbon local (d’autres utilisations), complété par celui de Chalonnes tout proche ou lointain du Pays de Galles remontant par Nantes.

Les plans de masse successifs montrent les renforcements apportés aux fours qui ont travaillé fait exceptionnel pour des outils industriels plus de deux cents ans jusqu’en 1962.Les efforts physiques et thermiques auxquels ils étaient soumis ont rendus nécessaires doublages et contreforts externes.

 

Les utilisations de la chaux.

 

L’affinage métallurgique c’est le besoin du dernier exploitant la société JJ Carnaud (de1916 à 1962) utilisant la chaux ou la castine (cailloux de calcaire) en métallurgie à Basse-indre en aval de Nantes pour la déphosphoration et la désacidification du fer à boîtes de conserve.

L’agriculture est la principal débouché . La chaux vive est l’amendement calcaire des terres acides de l’Ouest en Bretagne en particulier, la marine approvisionnant les agriculteurs par le Canal de Nantes à Brest La chaux blutée, ensachée, épandable par des semoirs ou épandeurs remplace la "chaux en roche "dans les années 1920.

Le reste allait au bâtiment .La chaux grasse obtenue par extinction par apport d’eau qui dégage une chaleur vive est mélangé au sable pour fournir le mortier des anciens maçons. D’autres utilisations très variées sont les tanneries l’industrie alimentaire, la papeterie, l’assainissement.

 

Le parcours d’interprétation du site calcaire donne toutes ses dimensions au sujet.

 

Du bureau de carriers du "Petit Fourneau" à l’ancienne carrière de Renaud , très belle carrière elliptique creusée dans la masse calcaire, c’est la réalité du dur travail des carriers. C’est aussi le contact avec la matière, la pierre à chaux, le calcaire dévonien avec ses fossiles coralliens et ses filons de calcite limpide en même temps que le regard sur la flore calcicole protégée des orchidées. Sous les remblais de cendre de chaux et la végétation, les vestiges enfouies d’un ancien four peut-être du 17 ème siècle.

 

Les orchidées de châteaupanne, une flore calcicole.

 

Sur le coteau sud anciennement en vigne et aussi sur les semelles d’extraction des anciennes carrières , sur les remblais de cendre de chaux s’est développée une flore calcicole d’affinité tropicale, dont l’indicateur vedette est l’orchidée, représentée en Avril Mai par de nombreuses variétés. Un patrimoine floristique fragile , naturel et anthropique très lié à l’état du biotope, à protéger aussi de l’évolution arbustive normale de la végétation tendant au chêne pubescent et qui l’occulterait .

Au loin, on voit isolée dans son vignoble, la grande propriété du maître-chaufournier patron des lieux. En contrebas le village de Châteaupanne, celui des fourneliers paysans de jadis avec son prieuré et son église romane, son école du 18ème siècle et son bistrot des années 1930, où retentissent encore les clameurs ouvrières.

 

La carrière de châteaupanne 1666-1962/1998.

 

La pierre à chaux, un calcaire dévonien étages emsien-eifelien (360à370 millions d’années récifal et coralligène (voir géologie) qui prend l’aspect du marbre quand on le polit.

Exploitée dès 1666 (et sans doute dès le Moyen-age) jusqu’en juillet 1862 c’est une excellente pierre à chaux à la bonne teneur en carbonate de calcium permettant sa calcination dans les fours.

84,44% de CACO3+8,72% de CAO libre.et silice

Alumine, oxyde de fer, magnésium(laboratoire Carnaud-1950)

Depuis, elle est exploitée par l’entreprise CTC(Carrières et travaux de Châteaupanne du groupe Cochery bourdin et chaussée)pour le remblais routier, autoroutier les granulats, à raison de 400 000tonnes/an avec fonçage du plancher d’extraction à 126 mètres sous la surface topographique.

En lisière sud l’usine récente des carbonates de châteaupanne renaissance étonnante sur des bases technologiques différentes de l’ancienne industrie produisant sans calcination et par fin broyage environ 40 000 tonnes d’amendements calcaires agricoles.

La topographie ancienne de la carrière avec ses abris de carriers a depuis longtemps disparu, "mangée"par l’actuelle, ainsi que depuis quelques années son plan incliné, le bâtiment de la machine d’extraction , le transformateur, le départ du tunnel d’accès au fours dont l’issue existe toutefois comme le tunnel qui desservait le four de la Maison blanche.

Les équipes et les ateliers (forge), sont encore debouts à mi-pente du coteau, au niveau du tunnel et de la plate-forme des fours, de même que la maison du contremaître, mais en piteux état. On voit la trace du chemin de fer, dont les wagonnets attelés, acheminaient la pierre en blocs "gros comme la tête d’un homme", jusqu’aux fours.

Ce territoire propriété de l’entreprise CTC est pour sa partie patrimoniale un pivot du projet ‘Montjean, port de Loire".

 

Le devenir de châteaupanne , la valorisation muséographique.

 

Le site, qui a cessé son activité en 1962 est encore en bon état pour le gros oeuvre des fours. Il a fait l’objet d’un ‘chantier de jeunes " de restauration dans le cadre de l’écomusée.

Dans le projet "Montjean, port de Loire" les fours à chaux de châteaupanne y sont proposés pour constituer la future antenne du patrimoine chaufournier de l’écomusée de Montjean , Loire angevine. L’itinéraire interprétatif du site par le visiteur est complété par la démonstration de la calcination de la chaux et par l’exposition réalisée dans la forge à partir entre autres des informations fournies par Georges Albert , l’ancien contremaître.

L’ancienne écurie accueille le chantier de restauration du site inscrit Monument Historique.

 P CAYLA
Lien; Le renouveau du chanvre
ECO1
Patience, des photographies seront bientôt là !!!