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Nous avons décidé de rencontrer des personnes de notre commune. Nous avons donc rendu visite à Monsieur et Madame Galène qui ont créé l’association ŒIL. Le rôle de cette association est de mieux faire connaître ce monde des troglodytes pour qu’il soit protéger. Nous avons aussi été très gentiment accueillis par Monsieur et Madame Mercier qui ont fait le choix de restaurer un troglo pour y vivre avec leurs enfants. Laissez-vous guider dans ce monde souterrain. Pour cela, cliquez sur les différentes rubriques.
CONCOURS TROGLO INTERVIEW Nous
avons décidé de participer au concours « à la rencontre des troglos »
car nous habitons dans une commune où il existe un certain nombre de sites
troglodytes. Nous avons pensé que c’était l’occasion de mieux connaître
notre commune et de découvrir ce patrimoine. Nous avons contacté
Monsieur et Madame Galène de l’Association ŒIL ainsi que Monsieur et Madame
Mercier qui habitent en troglodyte Ils nous ont accueillis très gentiment et ont
pris le temps de répondre à toutes nos questions. Nous avons appris beaucoup
de choses et nous les remercions vivement. Nous les
avons interrogés sur les particularités de la vie en troglodyte, sur les problèmes
d’entretien. Nous voulions aussi savoir pourquoi ils avaient décidé
d’habiter en troglodyte. Les troglodytes en AnjouExiste-il des troglodytes dans d’autres pays ?Oui, il y en a en Amérique du Sud et en Amérique
Centrale, au Moyen Orient, en Asie (Chine),et dans le Maghreb. L’Anjou est la seule région au monde à avoir une
aussi grande variété de troglodytes. Il y a : -
deux types de roche :
le tuffeau et le falun. Ces deux roches se sont formées dans des milieux marins.
Mais le tuffeau s’est formé dans un milieu calme et il est constitué de débris
très fins alors que le falun s’est formé dans un milieu plus agité et est
formé de débris plus grossiers et de nombreuses coquilles. -
deux types de troglodytes : le troglodyte de plaine et le
troglodyte de falaise -
et trois
catégories sociales différentes : les troglodytes
populaires, les troglodytes nobiliaires et les troglodytes religieux. Les troglodytes populaires ne possèdent généralement pas
de montage en pierre. Tandis que les troglodytes nobiliaires sont riches en
appareillage : voûtes, piliers. Le troglodyte de la Bachellerie est un troglodyte populaire qui possède cependant des appareillages. Ils ont été réalisés il y a longtemps par un passionné qui a taillé la pierre. C’était à une époque où les gens travaillaient jusqu’à dix-huit heures par jour. Il a fait cela le dimanche, seul jour de repos, et la nuit. Situation géographique et géologique particulière de Grézillé Quelle
roche trouve-t-on à Grézillé ?
Dans la région du Saumurois, il y a du tuffeau et du
falun. A Grézillé il n’y a que du tuffeau. Autour du bourg de Grézillé, il existe plusieurs hameaux
constitués d’habitats troglodytiques : la Blinière, la Fosse, le
Sablon, la Rue … Il existe aussi un troglogîte et un restaurant
troglodytique où l’on peut déguster des fouasses. La roche est de plus ou moins bonne qualité. Au Sablon par exemple, il y a du tuffeau qui s’est altéré et qui
ressemble à du sable ocre. Certains l’utilisent pour réaliser les joints
entre les pierres. A Grézillé, on trouve des troglodytes de plaine HistoriqueAutrefois,
est-ce que les gens vivaient en troglodytes ?
Dès la préhistoire, les hommes ont partout utilisé
l’abri des grottes pour se protéger. Dans notre région, ils se sont bien évidemment
mis à l’abri dans les caves troglodytiques en tuffeau. Mais la fin de la préhistoire n’a pas marqué la fin de
l’habitat troglodytique. Il existe des preuves qu’au 9ème siècle,
des gens habitaient encore dans les
troglodytes. Au début, c’était uniquement des personnes défavorisées.
Ensuite, des personnes des autres catégories sociales se sont installées dans les troglodytes. On les a appelé les mousseaux. Pourquoi
habitaient-ils en troglodytes ?
L’habitat troglodytique offrait de très nombreux
avantages : -
isolation
contre le bruit -
isolation
contre la chaleur et le froid -
habitat très
économique -
habitat
pouvant être agrandi très facilement en fonction des besoins, comme une
naissance par exemple. Il faut aussi se souvenir que l’activité principale était
l’agriculture et ceux qui vivaient en troglodytes possédaient là un deuxième
revenu. En effet, l’hiver arrivé, les mousseaux ne pouvaient plus travailler
dans les champs. Alors ils creusaient dans la roche et
taillaient des pierres qu’ils vendaient. Chez Monsieur et Madame Mercier le
plafond porte les marques des outils utilisés pour débiter les pierres de
tuffeau. Il existe aussi de nombreux souterrains-refuges. Les
habitants s’y cachaient pendant les guerres : les invasions barbares, les
guerres de religion, la Révolution. Les faux-sauniers, qui faisaient de la contrebande de sel,
se cachaient aussi dans les souterrains-refuges pour ne pas être pris par les
gabelous qui étaient des douaniers. Chez Monsieur et Madame Mercier, il y a un début de souterrain-refuge. Un élève y est entré. C’était très étroit, bas et il y avait des virages. Le passage était bouché par un effondrement dix mètres plus loin. Madame Galène nous a raconté une légende. Autrefois, il
y aurait eu aussi un souterrain qui menait de la Bachellerie au Château de
Pimpéan.
On suppose que les seigneurs passaient par ce souterrain pour venir faire la fête
à la Bachellerie. Le nom Bachellerie viendrait du mot bachelette qui
signifiait jeune fille à marier. La maman d’un élève de notre classe nous a apporté un document qui raconte l’histoire de l’Abbé Charles Mesnet au moment de la Révolution. Il avait été envoyé à Grézillé pour remplacer le curé qui avait été déporté. L’Abbé Mesnet devait changer régulièrement de déguisement pour ne pas être arrêté et il célébrait la messe dans une cachette troglodytique située au Bourneuf. Pourquoi
les gens ont-ils quitté les troglodytes ?
Vers 1950, il y avait encore beaucoup de gens qui vivaient
en troglodyte. Mais à cette époque, vivre en troglodyte , « sous terre »,
« dans des grottes » commençait à être mal vu. Alors dès que les
gens le pouvaient, ils quittaient leur troglodyte pour aller habiter dans une
maison « normale ». C’était la promotion sociale. Présentation
générale d’un troglodyte
En allant chez Monsieur et
Madame Mercier, nous avons été surpris de voir une boîte aux lettres et pas
de maison. Nous nous sommes approchés et nous avons vu alors la maison dans un
creux , en fait une cour qu’on appelle la carrée. Nous avions eu la même
surprise en rendant visite à Monsieur et Madame Galène de l’Association ŒIL. Quelle température fait-il à
l’intérieur ?
Il fait entre 19° et 13 °
à l’intérieur . Il ne fait jamais moins de 13° même quand il gèle
dehors. Avez-vous
déjà eu des inondations ?
Non, nous n’avons jamais eu d’inondation parce que
l’eau s’infiltre dans le tuffeau et descend jusqu’au pied de la roche. Y a-t-il des problèmes
d’humidité ?
Il n’est pas nécessaire de chauffer beaucoup. Par
contre, il est essentiel de faire circuler l’air. Celui-ci circule
naturellement par les cheminées, les portes et les fenêtres. On peut éventuellement
installer une ventilation. Quelle est la hauteur du sol au
plafond ?
La hauteur n’est pas la même dans toutes les caves. Il existe aussi une autre hauteur, celle entre le plafond
et la terre au-dessus. On l’appelle le ciel. Elle n’est pas
constante, mais varie entre 2 et 4 mètres. Quelle
est la profondeur de votre troglodyte ?
Notre troglodyte n’est pas très profond, environ 12 à
15 mètres. Est-ce qu’il y a des animaux ?
Oui, il y a des serpents (saintons) et des chauves-souris
comme les roussettes et, les rhinolophes. Il y a d’autres animaux comme les
papillons , les renards , les blaireaux et les belettes. Bien sûr, les animaux
sont plus nombreux dans les troglodytes inhabités. Comment est orienté le troglodyte ?
Les troglodytes étaient très souvent orientés au sud.
Les serviteurs habitaient dans les troglodytes qui n’étaient pas orientés au
sud.
Est-ce que ce n’est pas trop sombre ?
Non, nous avons assez de
lumière. En fait, l’hiver il faut éclairer comme dans les maisons normales.
L’été nous restons beaucoup dehors et quand il fait vraiment trop chaud,
nous rentrons car à l’intérieur, la température est vraiment très agréable. Combien avez-vous de cheminées ?
Le nombre de cheminée indique le nombre de familles qui
vivaient dans le troglodyte autrefois. On parlait de foyer. A la Bachellerie, il y a 4 cheminées. Il y avait donc 4
familles. La cheminée est « le défaut de la cuirasse « de l’habitation troglodytique. C’était idéal pour faire des blagues. F et C Fraysse rapportent cette anecdote dans leur livre « Les troglodytes en Anjou à travers les âges » : « Grézillé : C’est un fagot enflammé,
suspendu à une corde, qu’on descend par le conduit, troublant la paix d’un
ménage ; ou bien une citrouille creusée, découpée sur une face, au
masque grimaçant, éclairée à l’intérieur par une bougie. » Monsieur et madame Mercier nous ont raconté qu’un jour
un petit lézard est tombé du haut de la cheminée. En effet le haut de la
cheminée se trouve dans un petit bois et elle ne dépasse pas beaucoup du sol.
Le lézard a peut être été le plus surpris. Matière
du sol ?
Autrefois, le sol était en tuffeau et en terre battue. De nos jours, le sol est en carrelage posé sur du sable ou
en parquet. Conservation
et protection du patrimoine troglodytique
L’association ŒILQue signifie ŒIL ? ŒIL
signifie Optimisation Environnement
Initiative Local. Quel est le rôle de
l’association ŒIL ?
Le rôle de notre association est d’améliorer les
troglodytes, de les faire connaître et de conseiller les personnes de Grézillé et des autres communes qui
veulent restaurer ou acheter des troglodytes. Nous accueillons les
jeunes de 16/25 pour travailler sur les chantiers. Nous accueillons aussi les
personnes pour faire la fête à l’occasion de leur mariage ou pour d’autres
fêtes. Qu’est-ce qui abîme le tuffeau ?
Les vibrations des tracteurs et les racines des arbres
fissurent la roche et les racines
conduisent aussi l’eau à l’intérieur des troglodytes. Le problème c’est que la personne qui a acheté le
troglodyte n’est pas toujours propriétaire du dessus. Les propriétaires du
dessus peuvent avoir planté des grands arbres qui risquent d’endommager le
troglodyte. Il existe pourtant des plantes adaptées. On peut par
exemple planter des iris, du millepertuis pour l’effet bénéfique de leurs
racines. Le tuffeau est une roche très tendre. Autrefois la roche
s’abimait. La façade s’écroulait et
les habitants enlevaient les parties effondrées. Ainsi, peu a peu
la façade reculait et la carrée s’agrandissait. D’ailleurs, chez
monsieur et madame Galène une des cheminées s’est ainsi retrouvée dehors. Quels matériaux utilise-t-on pour
restaurer ?
Il ne faut surtout pas
utiliser de ciment car il « mange » le tuffeau. Par contre, on peut
employer du bois ou de la pierre. Il faut aussi faire
attention de ne pas trop agrandir en profondeur et de ne pas ajouter trop
d’ouvertures. Sinon, on affaiblit la voûte et il y a un risque
d’effondrement. Il est important de
surveiller la voûte. Chez monsieur et madame Mercier, il y avait quelques
fissures. Ils ont donc fait appel à une entreprise spécialisée qui a injecté
de la résine. Elle a pénétré dans les fissures et a durci. Monsieur et madame Galène
aimeraient que ce patrimoine soit protégé. La moitié des troglodytes de Grézillé
serait menacée de disparition. Bien sûr, ils ne peuvent pas être tous sauvés.
Certains sont beaucoup trop abîmés pour être rénovés. Le problème, c’est
qu’il n’y a pas d’inventaire des troglodytes de Grézillé. Il faudrait
connaître leur nombre, leur emplacement. Savoir dans quel état ils sont et
s’ils peuvent être rénovés. Pourquoi
avez-vous choisi d’habiter dans un troglodyte ?
C’est un plaisir
d’habiter dans un troglodyte car nous sommes proches de la nature. C’est un endroit
insolite, inconnu, le meilleur endroit pour surprendre les visiteurs et leur
parler de notre région. Sous terre, on peut faire
beaucoup de choses : cultiver les champignons, produire du vin, habiter,
manger. Et Grézillé offre tout ça. Il faut comprendre comment
la roche travaille et évolue. Rien ne sert de lutter contre la nature. Ici, Monsieur et Madame Mercier ont fait le choix de respecter les traces du passé : niches, marques au plafond.
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