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TUMEURS CEREBRALES
DONNEES GENERALES
CLASSIFICATION
- Chirurgie
- Radiothérapie
- Chimiothérapie
PRINCIPALES TUMEURS
ASTROCYTOMES
TUMEURS PRIMITIVES NEUROECTODERMIQUES
- Oligodendrogliomes
- Craniopharyngiomes
- Papillomes des plexus choroïdes
- Tumeurs germinales
CONCLUSION
TUMEURS CEREBRALES DONNEES GENERALES SUR LES TUMEURS CEREBRALES
Les tumeurs cérébrales constituent les plus fréquentes des tumeurs solides chez l'enfant. Leur fréquence est de l'ordre de 2,5 cas pour 100 000 enfants de moins de 15 ans. A elles seules, elles représentent environ 20% de l'ensemble des proliférations malignes à cet âge de la vie. Elles posent des problèmes spécifiques, à la fois d'ordre diagnostique et thérapeutiques, sachant la vulnérabilité du tissu cérébral chez le petit enfant, et la nécessité de préserver au maximum l'avenir neurologique de ces patients.
CLASSIFICATION
Malgré les progrès réalisés tant au niveau de l'imagerie qu'au niveau de l'anatomopathologie, la classification des tumeurs primitives du système nerveux central reste encore difficile et incomplète. Schématiquement, il est cependant possible de les différencier soit en fonction de leur localisation, soit, surtout, en fonction de leur type histologique.
Suivant la localisation
Cette classification reste néanmoins extrêmement grossière et très insuffisante pour rendre compte de la diversité de ces proliférations.
Suivant l'histologie
3 types de tumeurs représentent à elles seules l'immense majorité de l'ensemble des tumeurs cérébrales. Ce sont :
Ä les astrocytomes, qui constituent les plus fréquentes des tumeurs cérébrales, et cela quel qu'en soit le siège, sous-tentoriel (50 %) ou sus-tentoriel (65 %). Développés aux dépens des astrocytes, ils regroupent des proliférations tumorales de type (et de pronostic) extrêmement divers, et leur classification reste encore à l'heure actuelle sujet à de nombreuses discussions. Grossièrement cependant, il paraît possible de distinguer les astrocytomes en fonction de critères morphologiques relativement simples incluant la présence ou non d'atypies nucléaires, de mitoses, de nécrose, et de prolifération endothéliale. L'existence ou non de ces éléments permet alors de classer cette tumeur en 4 grades (grades 1 à 4) et de désigner, à part, les astrocytomes pilocytiques qui comportent des caractéristiques histologiques particulières et se distinguent des autres variétés d'astrocytomes par un pronostic nettement plus favorable.
Ä les tumeurs primitives neuro-ectodermiques (PNET), qui représentent environ 20 % des tumeurs cérébrales. Sous ce terme sont en fait désignées plusieurs types de proliférations ayant en commun une origine vraisemblablement neuroblastique. Elles constituent donc un cadre très large de tumeurs plus ou moins différenciées au sein desquelles les médulloblastomes, localisés électivement au niveau du cervelet, constituent l'entité la mieux individualisée (environ 20 % des tumeurs sous-tentorielles).
Ä les épendymomes, développés à partir des cellules épendymaires tapissant les cavités ventriculaires, qui représentent environ 15 % de l'ensembles des tumeurs cérébrales (sus ou sous-tentorielles)
Les autres tumeurs ne représentent, suivant les localisations, que 5 à 15 % des tumeurs cérébrales. Elles constituent un groupe très hétérogène de proliférations parmi lesquelles certaines prennent naissance à partir du tissu cérébral proprement dit, et d'autres à partir d'éléments n'appartenant pas au tissu nerveux (tumeurs germinales par ex.).
SYMPTOMATOLOGIE
La symptomatologie clinique dépend essentiellement de l'âge de l'enfant et surtout de localisation tumorale :
Les lésions sus-tentorielles, hémisphériques, se révèlent avant tout par des signes de localisation, fonctions de la taille et du siège de la tumeur. Il peut s'agir ainsi de crises convulsives, de troubles moteurs et/ou sensitifs (hémiparésie, hémiplégie), de troubles visuels lorsque la tumeur atteint les voies optiques (diminution de l'acuité visuelle, anomalies du champ visuel), de troubles endocriniens dans les tumeurs à localisation supra-sellaire... Des signes d'hypertension intracrânienne peuvent être également présents mais souvent au second plan.
A l'opposé, ils dominent souvent le tableau clinique dans les tumeurs sous-tentorielles, dès lors que la lésion réalise un obstacle à l'écoulement du LCR : céphalées persistantes, souvent matinales, s'accompagnant de vomissements répétés, auxquels peuvent s'associer diverses atteintes des paires crâniennes, en particulier du VI (diplopie). Lorsque la tumeur siège au niveau du cervelet, ces signes d'HIC vont s'accompagner de signes cérébelleux plus ou moins marqués : troubles de l'équilibre, chutes fréquentes, maladresse, nystagmus...
Dans tous les cas ce sont les examens neuroradiologiques qui vont faire la preuve d'un processus expansif intracrânien : TDM et surtout IRM. Cette dernière constitue actuellement le meilleur moyen d'exploration des tumeurs cérébrales dont elle permet de préciser la taille, le siège exact, les rapports avec les structures de voisinage, et, finalement l'opérabilité éventuelle. Elle est aussi l'élément essentiel dans la recherche d'une dissémination à distance, en particulier au niveau de l'axe spinal.
MOYENS THERAPEUTIQUES
Le traitement des tumeurs cérébrales fait appel aux 3 moyens thérapeutiques classiques que constituent la chirurgie, la radiothérapie et la chimiothérapie.
Chirurgie Elle est souvent le premier temps thérapeutique, qu'elle soit à visée d'exérèse (lorsque la tumeur est accessible chirurgicalement) ou simplement de biopsie (lorsque la situation tumorale expose à des lésions de structures neurologiques essentielles de voisinage). Dans tous les cas, c'est elle seule qui permettra un diagnostic histologique précis et déterminera la nécessité ou non d'un traitement complémentaire (radiothérapie et/ou chimiothérapie) suivant les caractéristiques anatomopathologiques de la prolifération tumorale.
De très gros progrès ont été réalisés au cours des 10 dernières années concernant tant les techniques opératoires que les techniques d'anesthésie et de réanimation per et postopératoires, permettant aujourd'hui d'envisager des interventions chirurgicales dans de beaucoup plus grandes conditions de sécurité. La pratique d'examens anatomopathologiques extemporanés, la collaboration entre neurochirurgiens et pédiatres oncologistes, permettent également de mieux cerner les nécessités ou non d'une éventuelle exérèse tumorale complète et d'aborder de manière réellement multidisciplinaire les indications thérapeutiques propres à chaque patient.
Il paraît néanmoins important de souligner qu'à la différence des autres tumeurs malignes, la réalisation à ce niveau d'une chirurgie carcinologiquement sûre (c'est-à-dire passant au large de la tumeur) est nécessairement rendue difficile, voire impossible, par la nécessité de préserver au maximum les tissus sains, indispensables à une évolution ultérieure sans séquelles.
Radiothérapie Là encore, de nombreux progrès ont été réalisées au cours de ces dernières années. Les modalités de la radiothérapie ont peu à peu évolué, alors que se modifiaient les techniques d'irradiation et qu'étaient mieux appréciées les conséquences à long terme de la radiothérapie chez l'enfant. Ä
Le volume-cible est fonction du type de tumeur, de sa taille et de sa localisation. Grossièrement, 2 types d'irradiation peuvent être envisagées : - celles n'incluant que la zone tumorale, lorsque la prolifération est à développement local.
- celles incluant, en plus de la zone tumorale, l'ensemble de l'axe cérébro-spinal, lorsque la tumeur est à développement pluri-focal ou qu'il existe un risque de dissémination à partir des voies d'écoulement du LCR. Ä
Les dose d'irradiation varient également suivant le type de tumeur et la zone irradiée. Lorsque l'ensemble du cerveau et l'axe spinal doivent être traités, les doses administrées sont généralement de l'ordre de 25 à 35 Gys sur l'ensemble du névraxe, avec un surdosage sur la zone tumorale jusqu'à 55 Gys dans certains cas (fosse postérieure, par exemple)
Ä
Les rayonnements utilisés sont quant à eux le plus souvent de type photons, d'une énergie de l'ordre de 10 MV, avec un fractionnement de l'ordre de 1,5 Gys par séance, 5 jours sur 7. La radiothérapie n'est cependant pas dénuée d'effets secondaires. Ce sont ces derniers qui constituent leur principal facteur limitant, notamment chez le petit enfant dont le SNC s'avère beaucoup plus sensible aux radiations ionisantes. Il s'agit non pas tant de conséquences immédiates (la radiothérapie est en effet le plus souvent très bien tolérée chez l'enfant) que surtout de risques de séquelles à long terme parmi lesquelles : - les séquelles endocriniennes : déficit en hormone de croissance, déficit corticotrope et thyréotrope, nécessitant un traitement hormonal substitutif.
- les séquelles neurologiques, d'autant plus marquées que l'enfant est plus jeune (moins de 3 ans), pouvant aller d'une simple lenteur d'idéation à un retard plus ou moins important de toutes les acquisitions psychomotrices.
- les radionécroses, extrêmement rares, mais d'un pronostic le plus souvent catastrophique.
Chimiothérapie
Les tumeurs cérébrales restent aujourd'hui encore un défi à la chimiothérapie antimitotique. En effet, si cette dernière a permis de nettement améliorer le pronostic de la plupart des affections malignes chez l'enfant, on doit reconnaître que, dans ce type de localisations, elle est encore loin d'avoir fait la même preuve de son efficacité.
Cet échec relatif tient sans doute à plusieurs raisons. Parmi celles-ci, trois paraissent plus importantes : - d'une part l'imperfection du cadre nosologique des tumeurs cérébrales, classe d'affections où se regroupent probablement des proliférations extrêmement hétérogènes, et, de ce fait, de sensibilité très différente aux agents thérapeutiques. Un certain nombre d'arguments laissent d'ailleurs à penser que cette variabilité se retrouve, non seulement entre plusieurs tumeurs de dénomination différente, mais encore au sein même de groupes de tumeurs incluant des proliférations de comportement et de pronostic très variables (ex : les astrocytomes).
- d'autre part les particularités anatomiques du système nerveux central, depuis longtemps considéré comme un " sanctuaire " à l'action de la chimiothérapie. Cette donnée est depuis longtemps reconnue au cours des leucémies aiguës lymphoblastiques, dont tous les protocoles thérapeutiques incluent la mise en œuvre d'une prévention méningée spécifique. Elle paraît directement liée aux particularités de la " barrière hémato-encéphalique ", qui constitue un obstacle à la diffusion, au niveau des espaces méningés et du tissu cérébral, des principaux agents antimitotiques.
- la nécessité, enfin, comme avec la radiothérapie ou la chirurgie, de préserver au maximum les tissus sains, notamment chez le petit enfant (moins de 2 ans), dans une période de développement maximum du système nerveux central, et donc de fragilité accrue envers tout élément potentiellement toxique. Néanmoins, si les succès n'apparaissent pas aussi probants que dans d'autres domaines de l'oncologie pédiatrique, bien des raisons demeurent pour continuer les recherches dans cette voie de la chimiothérapie : - plusieurs drogues ont montré leur efficacité vis à vis de certaines proliférations tumorales du système nerveux central, et, donc, de leur capacité à franchir la barrière hémato-encéphalique. C'est le cas en particulier des dérivés du platine (Cisplatine et Carboplatine), des nitroso-urées (BCNU, CCNU), du thiotépa, du busulfan, du cyclophosphamide ou de l'ifosfamide.
- d'autres drogues, administrées à doses élevées, sont susceptibles de diffuser de manière efficace dans le système nerveux central : le méthotrexate et l'aracytine à hautes dose ont ainsi fait la preuve de leur efficacité pour prévenir et/ou traiter l'atteinte méningée au cours des hémopathies de l'enfant.
- de même, il a été démontré que des drogues telles le thiotépa ou le busulfan à forte dose étaient capables de se concentrer au niveau des cellules tumorales cérébrales. Certains médicaments antimitotiques paraissent donc avoir une place dans l'arsenal thérapeutique des tumeurs cérébrales. Le fait que leur efficacité soit soumise, pour certaines d'entre elles, à une augmentation des doses, expose bien évidemment à la survenue d'effets toxiques, notamment hématologiques. C'est la raison pour laquelle se sont développées ces dernières années les techniques d'autogreffe de cellules souches hématopoïétiques (cellules médullaires, ou, surtout maintenant, cellules souches périphériques), autorisant des intensifications thérapeutiques dont il est encore trop tôt pour tirer des conclusions définitives.
La question reste cependant posée, dans la majorité des cas, du rôle exact de cette chimiothérapie par rapport aux autres thérapeutiques classiques (chirurgie et radiothérapie). On peut raisonnablement envisager que, soit une meilleure connaissance des drogues, soit le développement de nouvelles formes d'antimitotiques (dérivés liposolubles par exemple), soit encore la mise au point de nouveaux modes d'administration (in situ), permettront de mieux cerner celle-ci et, surtout, d'accroître l'efficacité des drogues administrées. Mais beaucoup de progrès devront probablement également passer par une meilleure connaissance de ces proliférations tumorales, de leur histogenèse, de leurs caractéristiques biologiques et génétiques. Car c'est à partir d'une meilleure compréhension de leur hétérogénéité que deviendront possibles des mises au point de schéma thérapeutiques tenant compte des caractéristiques exactes de chaque prolifération tumorale et susceptibles de s'adapter à chacun de ces cas.
PRINCIPALES TUMEURS
ASTROCYTOMES
Compte-tenu de leur hétérogénéité anatomique et histologique, il apparaît quasiment impossible de définir des règles communes à l'ensemble des astrocytomes. Leur symptomatologie est diverse, fonction du siège de développement, sans que n'existent de critères neuroradiologiques propres à en assurer le diagnostic. Quant à leur traitement et à leur pronostic ils s'avèrent tous deux principalement fonction de leur nature histologique et de la possibilité ou non d'en réaliser l'exérèse chirurgicale.
Les astrocytomes de haut grade de localisation sus-tentorielle sont l'indication à une chirurgie la plus complète possible. Celle-ci s'avère malheureusement le plus souvent difficile, voire impossible, et, de ce fait, la récidive loco-régionale est habituelle, dans un délai plus ou moins long. C'est la raison pour laquelle se pose le plus souvent la question de l'opportunité d'une radiothérapie postopératoire, dont les résultats restent malgré tout décevants et les séquelles majeures lorsqu'elle est administrée à de jeunes enfants. Son efficacité semblerait en effet directement proportionnelle aux doses délivrées (de l'ordre de 55 à 60 Gys), l'augmentation de ces dernières conduisant bien évidemment à augmenter le risque d'atteinte neuromotrice ultérieure. Finalement le pronostic de ces tumeurs reste sombre avec une survie de l'ordre de 35 % des cas à 5 ans.
Les astrocytomes de bas grade et les astrocytomes pilocytiques, de localisation sus-tentorielle, constituent également une indication à la chirurgie. - en cas d'exérèse complète, il n'y a pas à priori d'indication à un traitement complémentaire.
- en cas d'exérèse incomplète, l'évolution de ces lésions est difficilement prévisible : ú
certaines d'entre elles, et c'est le cas le plus fréquent, peuvent évoluer sur de très longues périodes et n'engendrer aucun trouble.
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d'autres au contraire sont susceptibles d'un développement local rapide, voire d'une dissémination à distance. C'est dire que dans tous ces cas, la décision d'un éventuel traitement complémentaire n'est pas univoque et doit, plus que jamais, tenir compte de possibles complications iatrogènes. C'est la raison pour laquelle beaucoup d'équipes prônent actuellement l'abstention thérapeutique post-chirurgicale, ne réservant les traitements complémentaires (radiothérapie ou, chez le petit enfant, chimiothérapie) qu'aux seuls cas de récidives ou d'évolution loco-régionale inaccessibles à la chirurgie.
Finalement, le pronostic de ces astrocytomes de bas grade apparaît relativement bon, et dans tous les cas, nettement supérieur à celui des astrocytomes de haut grade, puisque la survie à 10 ans des tumeurs hémisphériques réséquées est actuellement de l'ordre de 75 %. Les gliomes du tronc cérébral regroupent à la fois des astrocytomes de haut grade et des astrocytomes de bas grade (notamment astrocytomes pilocytiques). Ils sont fréquemment diffus, infiltrant le tronc cérébral, et tant leur situation que leur extension rendent le plus souvent illusoire toute tentative d'exérèse chirurgicale. Fréquemment, celle-ci doit se résoudre à une exérèse partielle ou à une simple biopsie. Malgré les divers essais réalisés, la chimiothérapie n'a pas encore fait la preuve de son efficacité sur ce type de tumeurs. Très souvent, la seule ressource thérapeutique demeure donc la radiothérapie, mais, là aussi, avec des résultats extrêmement médiocres. Finalement, leur pronostic dépend essentiellement du type histologique : 15 % environ de survie à 2 ans dans les astrocytomes de haut grade contre 65 % dans les astrocytomes de bas grade.
Les gliomes des voies optiques représentent environ 5 % de l'ensemble des tumeurs cérébrales de l'enfant. Fréquemment associés à une neurofibromatose (15 à 35 % des cas suivant les séries), ils sont constitués à la fois d'astrocytomes de bas grade et de haut grade. Leur localisation est variable : soit limitée au seul nerf optique, soit envahissant le chiasma et l'hypothalamus. Leur symptomatologie clinique est essentiellement oculaire (diminution progressive de l'acuité visuelle), éventuellement associée (dans les formes chiasmatiques et hypothalamiques) à des signes endocriniens. Quant au traitement, il diffère également suivant la localisation : si l'exérèse complète s'avère le plus souvent possible dans les proliférations limitées au nerf optique, il n'en est pas de même dans les formes plus étendues où peuvent alors se discuter (avec toutes les inconnues déjà énoncées) l'utilisation d'une radiothérapie et/ou d'une chimiothérapie.
Les astrocytomes du cervelet restent ceux ayant finalement le meilleur pronostic car le plus souvent accessibles à une exérèse chirurgicale complète. Cette dernière permet en effet d'espérer une survie à 10 ans dans plus de 80 % des cas.
TUMEURS PRIMITIVES NEUROECTODERMIQUES
Sous le terme de " Tumeurs Primitives Neuro-Ectodermiques " (PNET) sont regroupées diverses proliférations tumorales de différenciation cellulaire variable mais ayant toutes en commun la possibilité de disséminer dans le SNC. La plus fréquente d'entre elles est représentée par le médulloblastome, qui siège électivement au niveau du cervelet et des structures adjacentes (vermis et pédoncules).
Le médulloblastome représente aujourd'hui près du quart des tumeurs cérébrales de l'enfant aux Etats-Unis. Il survient principalement chez l'enfant de moins de 10 ans, et se révèle le plus souvent, compte-tenu de sa localisation, par des signes d'hypertension intracrânienne (céphalées, vomissements...) fréquemment associés à des troubles cérébelleux. Son diagnostic ne peut être qu'anatomopathologique : il n'existe en effet aucun élément clinique, radiologique, ou biologique permettant d'affirmer la nature exacte de la prolifération tumorale.
Son pronostic est variable, fonction de différents facteurs parmi lesquels : - l'âge de l'enfant : le pronostic est d'autant plus grave que l'enfant est petit (moins de 2 ans)
- la qualité de la chirurgie : la possibilité d'une exérèse chirurgicale complète conditionne en grande partie la qualité de l'évolution
- la présence ou non de métastases au diagnostic, en particulier au niveau spinal (intérêt fondamental de la recherche de cellules tumorales dans le LCR et d'un bilan neuroradiologique incluant l'axe médullaire) Les schémas de traitement restent encore très discutés. Si l'on s'accorde sur la radiosensibilité et la chimiosensibilité de ces tumeurs, toutes deux parfaitement démontrées, les stratégies thérapeutiques demeurent aujourd'hui l'objet de différents essais. Beaucoup de questions restent en effet posées, concernant notamment : - la place de la radiothérapie : est-il possible de la différer, notamment chez le jeune enfant, pour en éviter au maximum les séquelles ? Dans la même optique, est-il également possible d'en diminuer la dose dans les formes de bon pronostic (exérèse complète) ?
- le type et la place de la chimiothérapie : quelles associations thérapeutiques utiliser ? Cette chimiothérapie est-elle nécessaire dans tous les cas et notamment dans les formes de meilleur pronostic ? Actuellement cependant, plusieurs données peuvent être dégagées :
L'acte chirurgical est essentiel. Fréquemment précédé d'une dérivation ventriculo-péritonéale, il est d'autant plus efficace qu'il permet une exérèse tumorale complète. Celle-ci s'avère aujourd'hui de plus en plus fréquente, grâce en particulier aux progrès réalisés tant dans le domaine de la neurochirurgie que dans celui de l'anesthésie. La mortalité per et post-opératoire a ainsi été progressivement abaissée à moins de 2 % des cas en même temps qu'augmentait la qualité des exérèses réalisées.
La radiothérapie a également considérablement augmenté les taux de survie chez ces enfants. Elle délivre classiquement des doses de l'ordre de 54 Gys sur la fosse cérébrale postérieure, 36 Gys sur la moëlle et 30 Gys sur l'encéphale. Des tentatives sont actuellement en cours visant à diminuer à 25 Gys la dose administrée à la moëlle et à l'encéphale dans les formes de bon pronostic. Dans le même ordre d'idées, divers essais thérapeutiques tentent de différer cette radiothérapie au-delà de 3, voire 5 ans, de manière à en réduire au maximum les séquelles.
La chimiothérapie a aujourd'hui tendance à être administrée entre la chirurgie et la radiothérapie (chimiothérapie " sandwich ") de manière à en augmenter la tolérance hématologique (avant l'irradiation) et à profiter de la chirurgie pour augmenter la pénétration des drogues à travers la barrière hémato-encéphalique. On peut imaginer que, chez le petit enfant, sa place augmente progressivement aux dépens de la radiothérapie. Son rôle exact reste néanmoins à préciser, chez l'enfant plus grand, dans les formes ayant bénéficié initialement d'une exérèse chirurgicale complète. Finalement , le pronostic de ce type de tumeurs, bien qu'en amélioration , reste sévère avec un taux de survie à 5 ans de l'ordre de 60 % dans les formes non métastatiques. Un tel chiffre justifie donc pleinement la poursuite d'essais thérapeutiques multicentriques chez ces enfants.
EPENDYMOMES
Par ordre de fréquence, les épendymomes constituent, après les astrocytomes et les médulloblastomes, le troisième type de tumeur cérébrale. Dérivés des cellules épendymaires, ils siègent essentiellement au niveau du système ventriculaire : dans 50 à 60 % des cas, ils se développent dans la fosse postérieurs, et plus particulièrement le plancher du 4° ventricule. Ils peuvent aussi atteindre le canal médullaire (environ 10 % des cas) et, à l'étage sus-tentoriel, se localiser en intra-cérébral (on suppose qu'ils naîtraient alors de vestiges embryonnaires intra-parenchymateux de cellules épendymaires).
La classification des épendymomes fait classiquement référence à 4 grades de gravité croissante : les grades I et II sont généralement reconnus comme " bénins ", les grades III et IV reconnus comme " malins " ou " anaplasiques "
Leur présentation clinique n'a pas de spécificité : leur pic de fréquence se situe aux alentours de 5 ans et la symptomatologie clinique dépend de la localisation, souvent dominée néanmoins, compte-tenu du siège ventriculaire préférentiel, par les signes d'hypertension intracrânienne. Il n'est pas rare que la tumeur s'accompagne également d'une extension vers le canal rachidien et/ou d'une dissémination à distance sur les voies d'écoulement du LCR. Quant au bilan neuroradiologique, il ne permet pas non plus de dégager d'éléments de certitude en faveur du diagnostic.
La chirurgie reste classiquement le premier temps thérapeutique, bien que fréquemment incomplète du fait de la localisation des lésions (plancher du 4° ventricule) et habituellement insuffisante pour assurer la guérison. A priori, les différentes études réalisées à ce jour plaident donc en faveur d'une irradiation complémentaire (survie à 5 ans de 20 % en cas de chirurgie seule et de 50 % en cas d'association chirurgie-radiothérapie). Néanmoins ces résultats doivent être interprétés avec prudence, en tenant compte en particulier des possibles séquelles de la radiothérapie, et d'un pronostic global susceptible de varier en fonction de l'âge (résultats du CCSG) : la survie à 2 ans, à traitement égal, serait ainsi plus faible chez l'enfant de moins de 7 ans que chez les enfants plus âgés (27 % versus 45 %). Pour l'ensemble de ces raisons, il paraît nécessaire d'explorer plus avant les éventuelles possibilités de la chimiothérapie (dérivés du platine par ex.), notamment chez les jeunes enfants.
En pratique, les recommandations thérapeutiques actuelles incluent : - une chirurgie première tentant de retirer le maximum de tissu tumoral sans risquer de léser les structures neurologiques saines de voisinage.
- une irradiation comportant un minimum de 45 Grays sur la zone tumorale initiale : ù
soit limitée à l'aire lésionnelle si la tumeur reste localisée.
ù
soit étendue à l'ensemble de l'axe spinal en cas de dissémination dans le SNC, systématiquement recherchée par IRM et étude cytologique du LCR.
- quant à la chimiothérapie, même si ce type de tumeur reste classiquement peu chimiosensible, elle mérite d'être encore développée sous forme d'essais thérapeutiques, au sein de protocoles multicentriques, seuls à même de définir exactement sa place dans les stratégies de traitement. Ceci demeure particulièrement vrai chez le jeune enfant, compte-tenu des risques de séquelles neurologiques liés à l'irradiation. Le but des différentes thérapeutiques doit consister en effet, non seulement à éradiquer la tumeur, mais encore préserver au mieux l'avenir de ces jeunes patients. Etant donné la fragilité du tissu cérébral, on peut ainsi imaginer que, dans des conditions bien définies, la chimiothérapie puisse, sinon remplacer, tout au moins retarder l'utilisation de la radiothérapie à un âge de moins grande vulnérabilité.
AUTRES TUMEURS
Il ne s'agit pas là de dresser un " catalogue " de toutes les tumeurs susceptibles d'être rencontrées chez l'enfant, y compris les plus exceptionnelles. Nous ne ferons donc que brièvement rappeler l'existence de quelques proliférations cellulaires, certaines développées aux dépens du tissu cérébral proprement dit, d'autres d'origine extra-neurogène.
Les Oligodendrogliomes sont rares chez l'enfant. De diagnostic histologique, ils constituent des tumeurs d'évolution lente dont le traitement est avant tout chirurgical, même si certains essais de chimiothérapie peuvent aujourd'hui apparaître prometteurs.
Les Craniopharyngiomes représentent environ la moitié des tumeurs de la région sellaire et supra-sellaire. Souvent révélés par des signes visuels associés ou non à des signes endocriniens, ils se caractérisent fréquemment, au niveau radiologique, par une déformation et/ou des calcifications de la région sellaire. Leur traitement est avant tout chirurgical, visant à l'exérèse complète de la lésion et susceptible d'être associé, dans les vumineuses tumeurs à une radiothérapie.
Les papillomes des plexus choroides sont généralement des tumeurs bien limitées, révélés par des signes d'HIC, et dont le traitement repose sur l'exérèse chirurgicale.
Les Tumeurs Germinales se caractérisent par leur chimiosensibilité. Elles sont ainsi l'indication d'une chimiothérapie première secondairement complétée par une chirurgie et radiothérapie. CONCLUSION
Les tumeurs cérébrales constituent un ensemble très hétérogène dans lequel subsistent de nombreuses inconnues, tant au niveau de leur nature histologique exacte qu'au niveau des stratégies thérapeutiques susceptibles d'être mises en œuvre. Si la neurochirurgie garde une place prépondérante, elle n'est pas toujours suffisante pour assurer la guérison de toutes les lésions. Il apparaît donc primordial de développer d'autres approches thérapeutiques, en sachant que, quelle que soit leur éventuelle efficacité, l'un des grands facteurs limitants de ces traitements reste leur possible toxicité neurologique à long terme. Plus que jamais se posera donc chez ces enfants la question du prix de la guérison, justifiant que soient toujours mis en balance les bénéfices attendus et les éventuels risques iatrogènes
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