T.G.V. Bretagne - Pays de la Loire : réfléchir avant d'agir

pa Joël PATOUREAU

Le projet de T.G.V. Bretagne-Pays de la Loire suscite toujours de vifs débats et de vives émotions. Après avoir tout mis en oeuvre -y compris, une prise de position claire de Dominique Voynet- pour que la date du 30 septembre, date de remise des avis au Préfet coordonnateur soit repoussée, les collectivités ont dû délibérer car le ministre des transports n'a pas souhaité ce report. Ce délai aurait pourtant permis le lancement d'études complémentaires et la prise en compte de solutions alternatives au projet unique proposé par la Mission T.G.V.

C'est pourquoi le 29 septembre 1997, le Conseil Régional des Pays de la Loire adoptait un avis après une journée mouvementée qui peut se résumer en deux phases distinctes.

Dans un premier temps, le Conseil Régional a procédé à l'examen du renvoi en commission du texte présenté par la région. Cette solution était intéressante car elle prouvait d'une part que l'avis officiel était loin de faire l'unanimité et permettait d'autre part de repousser -de fait- la date du 30 septembre dans l'attente d'une nouvelle proposition des deux commissions concernées. Le groupe des Écologistes des Pays de la Loire (8 élus sur 93) a voté à l'unanimité ce report, mais cela n'a malheureusement pas suffi pour qu'il soit adopté. Dès lors, il nous fallait assumer nos responsabilités et faire en sorte que l'avis ne soit pas adopté en l'état ou qu'il le soit, si son contenu devenait acceptable: second temps de cette journée. Il nous a fallu très rapidement choisir une stratégie pour que notre contribution au débat ne soit pas vaine, nous pouvions prendre le risque de nous opposer en bloc, au texte officiel ou tenter d'en modifier le contenu par le jeu des amendements. Compte tenu du rapport de force, nous avons estimé que le risque était trop grand à opter pour la première solution, notre opposition n'aurait pas empêché l'adoption de l'avis. Nous avons donc choisi de déposer 23 amendements allant tous dans le sens de la prise en compte globale de la problématique posée et faire en sorte que nous puissions nous prononcer sur un texte plus volontariste dans le sens de l'aménagement du territoire, du respect des populations concernées et de l'environnement. Sept de nos amendements ont été retenus, quatre autres proposés par le groupe socialiste reprenant pour partie nos propositions et in fine un texte beaucoup plus dense et surtout beaucoup plus déterminé quand à la dimension régionale qui était totalement absente du texte initial. Au sein de notre groupe nous nous somme majoritairement prononcé pour ce texte amendé (6/8) car pour la première fois depuis 1992, nous avons pu faire avancer les idées écologistes dans le domaine du transport ferroviaire, en particulier sur la nécessaire électrification des liaisons régionales structurantes (Nantes/Bordeaux, Alençon/Le Mans/Tours,...), le lancement d'un programme de suppression de passages à niveau, l'affirmation de la réalisation du barreau sud de l'Ile de France comme étant une priorité absolue, la demande de prise en considération des études sur le T.G.V. pendulaire, la prise en compte de la dimension fret dans le choix de tracé (en particulier sur Nantes/Angers) et enfin l'absence de choix de fuseau dans l'avis ce qui permet de légitimement considérer que le tracé final n'est sans doute pas inclus dans les propositions de la Mission T.G.V.

En conclusion, même si cet avis peut apparaître contradictoire sur certains points, il ne souffre d'aucune ambiguïté sur sa volonté d'aménagement du territoire en adéquation avec les besoins des habitants de notre région, il prend en compte la nécessaire protection de l'environnement et j'aimerai que ce souci général puisse s'appliquer pour toutes les infrastructures en projet : un T.G.V. en site propre, c'est une saignée dans le territoire, tout le monde s'accorde à le penser et en majorité à s'y opposer, une autoroute aussi, voilà peut-être un thème de réflexion pour un certain nombre d'élus sarthois qui d'un côté combattent les projets de fuseau T.G.V. et de l'autre crient au scandale quand on remet en cause l'A 28.